TGD 7 Résidence Villa Dutoit, Genève.
Organisé par le CAP, mars-avril 2008.

En automne 2007, j’ai été invité par le CAP à participer à la rencontre TGD7… Ayant été de l’équipée TGD4, je gardais un excellent souvenir de cette 4ème édition organisée au Sénégal en décembre 2004 et j’avais manifesté à plusieurs reprises mon désir de renouveler l’expérience lors de contacts avec Anne et Ousmane Dia.
C’est avec beaucoup d’enthousiasme que je voyais venir ces 2 semaines de résidence dont le programme très complet annonçait des jours denses et riches. Je n’ai pas été déçu.
Résidence, expositions, workshop et intervention pédagogique, tout ça en deux semaines de temps, le programme était ambitieux. Rentré chez moi, je regarde en arrière et constate combien ces jours ont été forts, humainement et artistiquement, et je constate que le CAP a de nouveau gagné son pari.
Même si la thématique proposée, « Femme et Autorité » ne fait pas vraiment partie de mes préoccupations artistiques immédiates, ça reste bien évidemment toujours intéressant de quitter les repères et réflexes habituels pour investiguer, chercher dans de nouvelles directions, ne fût ce que le temps d’une résidence. Et puis, travailler cette thématique en interaction avec d’autres artistes, venus d’autres horizons, pratiquant d’autres disciplines, et engagés dans d’autres recherches était passionnant puisque la rencontre humaine ajoute à la dimension artistique, permet des complicités, des rapprochements et ouvre de nouvelle perspectives.
Par rapport à la thématique, j’avais le désir de travailler avec l’image matriarcale, l’archétype des sociétés préhistoriques. Je m’étais documenté sur les anciennes figurines représentant la femme : déesse et mère, aux hanches amples et aux seins généreux, chargée de donner la vie , de perpétuer l’espèce et de nourrir sa progéniture. Je m’étais plutôt attardé à deux Vénus : celle de Willendorf et celle de Vestonice. J’avais quelques documents donc, mais sans trop savoir où cela me mènerait.
Il y a d’abord eu le choix de reproduire la statuette de Vestonice, moins connue, moins anecdotique dans son traitement plastique, et d’une morphologie moins typée que son homologue de Willendorf. Elle a été reproduite à l’échelle double de l’original en terre de modelage. J’en ai tiré un moule en silicone qui m’a permis par la suite de réaliser une septantaine de tirages de la statuette en plâtre. Certaines d’entre elles (environ la moitié) contiennent des petits objets - grigri, amulette, clin d’œil - qui m’ont été donnés par les autres artistes, par des proches de la résidence ou des visiteurs de passage.
Dans l’installation finale, une seule statuette, parée d’un petit bijou -une cordelette de couleur rose fluo- autour des hanches est mise en évidence dans une vitrine. A ses pieds, une inscription -Miss Oulalalalah- découpée dans un sac plastic d’emballage trouvé.
Par terre, toutes les autres statuettes sont posées, versées en tas, en vrac, à même le sol, sans aucun respect ni considération. Au mur, une peinture monochrome, sans doute plus proche de mon travail habituel, dont la couleur répond au bijou de la statuette.
Au mur encore, des étapes du travail des traces de l’évolution du projet : affiches, découpes…, des clins d’œil à l’actualité et des traces des moments de fou rire et des traits d’humour si nombreux durant le workshop.
Cette réalisation fait état d’un questionnement face à toute cette mode liée au « people », à la star, à ces modèles uniformes imposés à toutes et tous par trop d’images. Qu’est devenue la femme depuis ces sociétés primitives ? De quelle évolution parle-t-on quand on voit à quel point l’être humain –et sans doute plus encore la femme- est devenu sujet et objet de consommation… En quoi est-il nécessaire de s’identifier à des idoles au point d’en copier béatement et servilement toutes les manies et dérives ? Quelles sont à ce niveau les responsabilités des médias, des parents, des pédagogues, des politiques… ? Plus fondamentalement, il est ici question, dans notre société actuelle, de s’interroger sur la place accordée à l’être humain, à l’individu, être unique et irremplaçable.

TGD 7 Résidence Villa Dutoit, Genève.
Organisé par le CAP, mars-avril 2008.

En automne 2007, j’ai été invité par le CAP à participer à la rencontre TGD7… Ayant été de l’équipée TGD4, je gardais un excellent souvenir de cette 4ème édition organisée au Sénégal en décembre 2004 et j’avais manifesté à plusieurs reprises mon désir de renouveler l’expérience lors de contacts avec Anne et Ousmane Dia.
C’est avec beaucoup d’enthousiasme que je voyais venir ces 2 semaines de résidence dont le programme très complet annonçait des jours denses et riches. Je n’ai pas été déçu.
Résidence, expositions, workshop et intervention pédagogique, tout ça en deux semaines de temps, le programme était ambitieux. Rentré chez moi, je regarde en arrière et constate combien ces jours ont été forts, humainement et artistiquement, et je constate que le CAP a de nouveau gagné son pari.
Même si la thématique proposée, « Femme et Autorité » ne fait pas vraiment partie de mes préoccupations artistiques immédiates, ça reste bien évidemment toujours intéressant de quitter les repères et réflexes habituels pour investiguer, chercher dans de nouvelles directions, ne fût ce que le temps d’une résidence. Et puis, travailler cette thématique en interaction avec d’autres artistes, venus d’autres horizons, pratiquant d’autres disciplines, et engagés dans d’autres recherches était passionnant puisque la rencontre humaine ajoute à la dimension artistique, permet des complicités, des rapprochements et ouvre de nouvelle perspectives.
Par rapport à la thématique, j’avais le désir de travailler avec l’image matriarcale, l’archétype des sociétés préhistoriques. Je m’étais documenté sur les anciennes figurines représentant la femme : déesse et mère, aux hanches amples et aux seins généreux, chargée de donner la vie , de perpétuer l’espèce et de nourrir sa progéniture. Je m’étais plutôt attardé à deux Vénus : celle de Willendorf et celle de Vestonice. J’avais quelques documents donc, mais sans trop savoir où cela me mènerait.
Il y a d’abord eu le choix de reproduire la statuette de Vestonice, moins connue, moins anecdotique dans son traitement plastique, et d’une morphologie moins typée que son homologue de Willendorf. Elle a été reproduite à l’échelle double de l’original en terre de modelage. J’en ai tiré un moule en silicone qui m’a permis par la suite de réaliser une septantaine de tirages de la statuette en plâtre. Certaines d’entre elles (environ la moitié) contiennent des petits objets - grigri, amulette, clin d’œil - qui m’ont été donnés par les autres artistes, par des proches de la résidence ou des visiteurs de passage.
Dans l’installation finale, une seule statuette, parée d’un petit bijou -une cordelette de couleur rose fluo- autour des hanches est mise en évidence dans une vitrine. A ses pieds, une inscription -Miss Oulalalalah- découpée dans un sac plastic d’emballage trouvé.
Par terre, toutes les autres statuettes sont posées, versées en tas, en vrac, à même le sol, sans aucun respect ni considération. Au mur, une peinture monochrome, sans doute plus proche de mon travail habituel, dont la couleur répond au bijou de la statuette.
Au mur encore, des étapes du travail des traces de l’évolution du projet : affiches, découpes…, des clins d’œil à l’actualité et des traces des moments de fou rire et des traits d’humour si nombreux durant le workshop.
Cette réalisation fait état d’un questionnement face à toute cette mode liée au « people », à la star, à ces modèles uniformes imposés à toutes et tous par trop d’images. Qu’est devenue la femme depuis ces sociétés primitives ? De quelle évolution parle-t-on quand on voit à quel point l’être humain –et sans doute plus encore la femme- est devenu sujet et objet de consommation… En quoi est-il nécessaire de s’identifier à des idoles au point d’en copier béatement et servilement toutes les manies et dérives ? Quelles sont à ce niveau les responsabilités des médias, des parents, des pédagogues, des politiques… ? Plus fondamentalement, il est ici question, dans notre société actuelle, de s’interroger sur la place accordée à l’être humain, à l’individu, être unique et irremplaçable.